Samedi 3 octobre 6 03 /10 /Oct 17:58
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J’ai eu le coup de foudre alors que son visage était encore indistinct, alors que depuis le court de tennis je ne voyais que sa blondeur, sa démarche et sans doute aussi entendais-je aussi un peu de sa voix. Elle était française et ce détail joua aussi sans doute un rôle non négligeable en cette terre d’Albion pour que ces quelques minutes de rencontre me marquent aussi longtemps et profondément.
Il lui fut facile de me séduire, il me fut difficile de l’oublier.
Lors de ce séjour linguistique je n’ai pu la voir que 3 fois, je ne la revit pas davantage une fois rentré en France, et ce toujours en coup de vent : le temps de boire un verre au café de la Paix, le temps de dîner en vitesse avec les 100 francs que j’avais en poche un repas à 100 francs (angoisse de ne pouvoir l’inviter), un instant dans son intérieur de mère de famille marié à un homme qui d’après ses dires ne la satisfaisait pas entièrement. Je ne l’ai vu qu’une poignée de fois et pendant 3 années je n’ai cessé de penser à Sophie et au bonheur que j’espérais pouvoir vivre avec elle. Jamais elle ne m’a pendant tout ce temps repoussé, toujours elle m’a encouragé dans mon attente.
Je n’ai réussi à m’en détacher vraiment que bien plus tard encore, que quand plongé dans la souffrance de l’abandon par Nathalie je l’ai retrouvé via son grand-père après avoir épluché l’annuaire. C’est là qu’elle me reçu en jeune mariée et mère, c’est là qu’elle me fit comprendre son insatisfaction vis-à-vis de son mari, c’est là que je lui parla de ma séropositivé, c’est suite à cette dernière rencontre qu’elle m’expliqua ne plus vouloir me voir du fait du virus que j’hébergeais. Ce n’est donc que 7-8 ans après l’avoir rencontrée que j’ai pu enfin la laisser derrière moi comme un souvenir qu’on peut oublier, mon virus m’aura ici servi à quelque chose mais je ne l’en ai pas remercié pour autant (je n’ai jamais été tendre envers lui).


Il n’est pas tout à fait exact que je n’ai pas regardé d’autres filles durant ces 3 années où Sophie m’a obnubilé, un an et demi après je commençais à pouvoir remarquer d’autres personnes, parmi celles-ci se trouva être Catherine que je retrouvais le temps d’une insignifiante parlotte entre les cours. Je la trouvais belle mais ce n’est que des années après que nous nous sommes vraiment rapprochés. J’étais alors déjà plombé et après une très courte parenthèse où elle m’ouvrit son intimité elle me fit subir de longues années d’espérance vaine où son alcoolisme lui ayant perverti l’esprit lui faisait jouer un jeu vicieux dont je devais être la victime subissant alternativement vagues de séduction et de rejet.


Mais l’attente vaine je l’ai aussi et surtout connue dans le cadre de rencontres « virtuelles ». N’osant parler de mon virus je me suis éloigné de mes amis et ai cherché à vivre mes désirs BDSM en tentant de rencontrer via le minitel l’âme sœur en la matière. J’ai perdu comme beaucoup du temps avec des animatrices payées pour servir de leurres mais j’ai aussi et surtout perdu du temps avec des personnes qui n’étaient pas prêtes à franchir le Rubicon et à dépasser le stade de leur petit écran. Certaines étaient peut-être des hommes jouant un rôle, cherchant juste à alimenter leurs fantasmes mais d’autres étaient aussi sans doute de vraies femmes qui, sachant qu’elles pourraient aisément trouver un mâle (le déséquilibre entre les 2 sexes étant abyssal le simple fait de posséder un vagin était une assurance de trouver quelqu’un facilement), se permettaient de reculer tant qu’elles voulaient l’instant d’une rencontre, voir de vous laisser tomber sans explication si jamais pour une raison ou une autre leur envie baissait à votre égard.

De tous ces contacts minitel un seul déboucha, après une longue période d’approche, sur une relation téléphonique qui devait théoriquement aboutir à une rencontre physique. Le courant avait passé avec Caroline, je m’étais mis à nu devant elle jusqu’à lui avouer cette séropositivité qui m’avait pourtant déjà fermé des portes et que je tremblais toujours de révéler. Nous eûmes des coups de fils prometteurs, très prometteurs même,… nous ne nous rencontrâmes jamais, elle cessa brusquement de me donner signe de vie. Peur de mon virus finalement ? Peur de ne pas être à la hauteur lors d’un passage au « réel » ? Peur de je ne sais quoi ? Je ne se saurai sans doute jamais…



Il y eu également Marianne dont j’avais fait la connaissance via une petite annonce vanille, une petite annonce où j’avais annoncé ma séropositivité. Que d’échanges prometteurs, que de mots rassurants confiés à l’écouteur téléphonique : elle aussi abandonna la partie sans rien dire. Que de promesses non tenues, comment croire encore aux propos rassurants ?



Après le minitel le net.
Fut un temps je m’investis énormément sur certains sites que je souhaitais vouloir vivre et en m’y investissant j’ai fini par me faire connaître. Valérie m’y a alors reconnu comme un type sympathique, séduisant. Elle fut séduite par mes mots et entreprit alors de me faire regarder dans sa direction. Valérie fut très demandeuse d’attentions, il fallait que je l’écoute, la lise, pense à elle. Mais Valérie était mariée et il s’avéra que ce n’était encore qu’un jeu, que jamais elle ne voudrait me rencontrer, ne serait-ce que pour prendre un verre, même si je devais me rendre à l’occasion dans sa lointaine ville de province. Malgré cela, malgré le fait qu’elle refusa toujours la moindre possibilité de rencontre Valérie demeura constante dans ses crises de jalousie : je devais ne penser qu’à elle alors qu’il était clair que jamais je ne devais la rencontrer. Elle elle avait déjà son mari pour la satisfaire, pour lui apporter le minimum vital de chaleur humaine, moi je n’avais rien et il lui semblait normal que je doive me maintenir dans ce néant. Je n’existais pas en tant qu’être humain, je n’étais pour elle qu’une chose désincarnée n’ayant d’autre vocation que celle de produire des idées et de susciter des émotions sans aucun risque de passage à la rencontre physique.

J’évoque cette femme mais il y en eut bien d’autres toujours demandeuses d’attentions mais sans jamais offrir une parcelle de ce dont j’avais le plus besoin : de la vraie chaleur humaine, pas de celle qui se dégage juste des mots mais de celle comprenant une part animale, une douce complicité animale si importante, si nécessaire à notre équilibre. Pour toutes ces femmes je n’ai pas existé, je n’ai été qu’un machin désincarné qu’elles ont pu oublier sans état d’âme.



J’ai passé toute mon enfance et adolescence enfermé, à peine adulte j’ai choppé un virus diabolisé qui m’a fait retourner dans la solitude, puis, une fois capable de sortir de cet isolement viral j’ai connu l’interdiction de sortie dans les lieux de convivialité pour cause d’hyper-sensibilité à la fumée de tabac. Maintenant que je peux enfin sortir je n’ai plus envie de perdre du temps avec des femmes qui me demanderont de penser à elles sans me donner la possibilité de connaître ces instants d’intimité et de chaleur humaine que je crève d’avoir si peu connus.


Maintenant que je crois la chose enfin possible j’ai envie d’exister pleinement, je n’ai perdu que trop de temps avec des leurres.

Par Acetos - Publié dans : Divers - Communauté : Réalités
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